De l'art de bien choisir sa montre vintage

Updated: Jul 4

Loin de moi l'idée de vous dire que je suis un gourou qui dicte ce qu'il faut prendre et ne pas prendre, mais...à force de rouler ma bosse, je peux vous certifier que tout n'est pas bons même si certaines lueurs séduisantes pourraient parfois bien vous attirer dans de profondes abysses...




Mon premier conseil s'il en est un, serait déjà de vous pencher sur les choses les plus évidentes quand vous prenez la montre en main.

Dans le vintage on cherche généralement. quelque chose de bien fait, de cohérent, avec de belles proportions et un certain sens de la finesse.

On check donc le cadran, on l'étudie on regarde si il n'est pas trop abimé ou "piqué" par l'humidité qui faisait de gros ravage sur le cadran et parfois donc dans le mouvement...cadran rouillé, mécanisme niqué, proverbe japonais bien connu.

C'est pour le bon mot mais en vrai vous apprécierez d'autant plus votre montre si elle vous satisfait sous chaque angle, si elle possède encore son charme originel.

Vient ensuite la question de cadran repeint...

Vaste sujet qui auprès des puristes n'a quasi qu'une réponse...sauve qui peut.

En effet, les cadrans repeints, même très bien réalisés, ont souvent pour effet de dénaturer le look de base de la montre ou même faire " tâche" dans un boîtier un peu usé par le temps.

Vu qu'il est boudé, le prix de votre montre en sera donc lourdement affecté, c'est à garder en tête si jamais un jour vous souhaitez vous même vous séparer de l'objet.

Je ne dis pas qu'il ne faut absolument pas le faire ni ne pas en acheter, mais il faut bien garder cela en tête.

Mieux vaut un beau cadran d'origine à un prix plus fort mais qui restera constant et prouvera une possible bonne santé du reste de la montre, plutôt qu'un cadran repeint (même bien) mais qui peut risquer de cacher quelques surprises à l'intérieur...


Ensuite l'autre partie évidente et qui pour moi est primordiale, le boîtier...

Je porte en effet une grande importance au métal qui les compose ainsi que leur provenance.

La valeur de la montre peut d'ailleurs s'en trouver grandement affecté.

Par exemple, une montre en métal chromé sera généralement réservée à des modèles bas de gamme même si l'on peut trouver quelques exceptions bien sur...(je pense aux chronos d'entre deux guerres souvent fabriqués dans ces matériaux puisque l'acier était rationné et consigné à la fabrication d'armes, chars etc...)


De mémoire, si on devait faire un ordre de valeur croissant pour le vintage:

-Métal chromé et "base metal"

-Enversteel ou staybrite (mélange de différent aciers mais très resistants dans le temps)

-Plaquage or (diverses épaisseurs en microns 10, 20, 80 etc)

-Or laminé ou "rolled gold"/"gold filled"

-Acier/inox (différents grades avec 316L 408L )

-Vermeil (argent recouvert d'or)

-Or avec différents degrés de pureté (9K 10k 14K 18K 24K) et couleurs (blanc, jaune, rose)

-Platine.



Le top et pour rester dans les boîtiers, vous pourrez aussi trouver certains noms connu et reconnus pour leur qualité de fabrication et leur différents brevets assurant d'un contrôle bien supérieur aux boîtiers classiques.

Car comme certains vases ou sculptures, des maîtres en la matière existaient dans ce domaine (il y avait aussi des fabricants spécifiques de bracelets métal, nous y reviendront).

Je ne les ai pas tous en tête mais des noms comme Borgel, Spillman, Huguenin, Dennison étaient des références dans la fabrications de boîtiers.

On retrouvera donc des Boîtiers signés F.Borgel chez Mido, Movado ou encore Patek Philippe...

Du Huguenin Frères chez Universal Genève ou Omega... etc etc.

Tous les modèles de la marque n'étaient d'ailleurs pas issus des fabriques de ses grands noms, d'ou leur intérêt grandissant auprès des collectionneurs à la recherche de la perle rare.





Ci dessus, des boîtiers François Borgel avec ces appendices reconnaissables que sont la couronne et la forme du fond de boîte.

Un aspect de solidité s'en dégage, de finitions plus importantes et soignées, alternance poli/brossé, forme des cornes, épaisseur...


Les brevets, c'est encore autre chose...souvent la pour attester d'une meilleure étanchéité on notera des mentions comme EPSA ou encore Vacuum mais il en existe un nombre fou...


Tout comme les boîtiers, les marques faisaient aussi appel à des cadranniers pour certains de leur modèles...mais la le seul vrai exemple simple qui me viendrait serait Singer, qui équipait certains modèles de Rolex et notamment les Daytona les plus recherchées de nos jours.


Que regarder ensuite, et bien peut être simplement la marque sur le cadran...

Certes cela ne doit pas être une priorité, mais on parle ici d'un accès au monde du vintage, et donc on recherche un produit qui reflétera le meilleur de son époque.

Je ne parle pas de l'esthétique mais bien de la qualité de fabrication et d'assemblage qui pouvait réellement varier.

On retrouvera une certaine forme de constance et de précision dans des maisons aux noms évocateur, alors que les petits "emboîteurs" se contentaient simplement de créer des modèles avec les moyens du bord il faut bien l'admettre...

Nom prestigieux est en général gage de qualité bien que parfois même les années de productions peuvent faire changer la donne...

Une Omega seamaster des 50's vs une des 70's...bref c'est un gros débat et je vous laisserai faire seul votre choix la dessus...mais bon les 50's c'était bien quand même...

Pourquoi, et bien parce qu'elles avaient une saveur particulière à cette époque, tout était quand même plus travaillé, moins "plat", moins consensuel.

Ca marche pour Omega mais aussi pour pas mal d'autres marques.




En ce qui concerne les marques d'ailleurs, faites vos recherche dessus, internet est formidable pour cela...

Ainsi vous découvrirez que Longines n'a pas été que Longines...mais aussi Wittnauer ou bien même Record...

Universal Genève, Uweco, ou bien, Unver

Leur nom a évolué selon les ans mais aussi selon les localisations...Et hop! on agrandit le champ de recherche et on devient encore plus fou.


Le dernier petit truc du GEEK de l'horlogerie que vous allez devenir, ça sera la question du "in house".

Personnellement j'ai eu ma phase, je voulais que de ça et j'en suis revenu...

Pourquoi, parce qu'il faut bien se dire que de développer un mouvement de A à Z dans les petites fabriques de l'époque ça sortait plus de la prouesse technique qu'autre chose et c'était surtout réservé à ceux qui avaient les moyens de le faire.

En gros, si ça compte pour vous, votre budget devra suivre. Que ce soit à l'achat, comme à l'entretient.

Une Piaget avec un mouvement P9 c'est magnifique...mais il faut bien se dire que quand y'a pépin, beeeeeh la pièce qui déconne, in house, y'en a peut être plus...tu vois l'truc.

Aller encore meilleur exemple, une Universal Genève Tri Compax...plus y'a de complications, plus ce mot prend tout son sens...


Voilà le topo de cet article qui regroupe un peu mes dernières inspirations du moment je dois le concéder.

Prenez ce qui vous fait plaisir, renseignez vous sur le modèle en amont, comparer des photos du net pour constater d'un truc qui clocherai sur votre exemplaire convoité.

Gardez en tête aussi que plus l'affaire est belle, plus le risque de se faire couillonner est grand, surtout de nos jours ou internet peut grandement nous aider à trouver n'importe quelle tranche de prix sur n'importe quelle marque quasiement.

Achetez votre vendeur autant que votre montre, un homme qui vous en parlera avec passion aura forcément bichonné son bébé...Ainsi vous pourrez en prendre la relève et peut être même vous aussi, inspirer de nouvelles générations bien trop gavées aux Apple Watch à perpétuer la merveilleuse flamme du vintage.




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