La Santos, ou le Bi-ton de bon ton...

Ok, on va planter le décor pour ce nouveau billet. prêt?

On est dans les 80's (à prononcer eightiiiiies), la tendance est aux costumes pelle à tarte, on voit des films style "Wall street" ou "Miami Vice" sortir et mettre en avant une société qui réussie mais qui est quand même un peu border line parfois.

On porte la moustache fièrement, on fait même dépasser des poils de la chemise rose en popeline de soie des Shetlands...

Certains diront, on à mauvais goût donc...moi je dirai plutôt on assume VE-GRA et sans limite...y compris la vulgarité, c'est bôôôô!


Crédit photo: Jean-Michel (t'es un champion Jean-Mi!)



Alors vous commencez à connaître la maison, je suis pas ici pour vous faire la leçon d'histoire du pourquoi du comment, Santos Dumont blablabla.

Si vous ne connaissez pas la messe, il n'est jamais trop tard pour vous en quérir.

Je vous invite donc à checker les 127654 articles sur le sujet de la Santos qui vous feront un récap' précis de la naissance du modèle éponyme et qui seront bien plus argumentés et documentés que mes vulgaires palabres.

Autrement, si vous souhaitez découvrir d'autres facettes de la Santos mouture 1978 (pour être précis quand même on est pas la pour jouer aux billes non plus); et bien commençons!




Pète un coup Alberto Santos Dumont (merci Jean Mi, dingue cette archive.)


En gros, 1970/1980 c'est le retour du clinquant, du bling, on fait des sous et on assume!

C'est comme ça qu'on peut distinguer un succès grandissant pour les montres en or typées toolwatch à la base et souvent accompagnées du bracelet en or lui aussi ou même encore ,la dernière tendance, la montre en or et acier, dite BI-TON!



Datejust en tête de gondole! Ici une belle 16013.


Cartier sentant le vent tourner, et surtout sentant qu'il est temps de se sortir de la panade... (on est en 77/78 ça sent pas bon sur le PEL de la "maison" je vous le rappel).

La Maison décide donc de sortir de sa zone confortable de la montre à mamie chic et nous pond la collection Must...un véritable hold-up!

Dans cette sortie on y retrouve donc un tas de bonnes idées dont fait partie notre Santos!

Et oui! On ressort mamie à la sauce mélange d'alliages pour séduire le golden boy en Testarossa et Datejust au poignet (voir daydate si il a bien fini son année notre trader minitel).


La recette est simple, on prend à nouveau une icône du passé ( La Dumont, oui oui, on t'oublie pas Alberto), on la passe en acier avec une lunette or 18K vissée et on nous rajoute à ça ce qui fera la signature de cette Santos, un joli bracelet acier incrusté de vis en or 18k...et la...on passe de montre semi confidentielle (oui à l'époque je pense que peu de monde se baladait avec une Santos Dumont au poignet) à tout simplement: la Datejust de Cartier...

Une renaissance plus que bienvenue pour l'image de la marque et du modèle qui ne séduisait guère plus que madame De Dietrich, Rue de Rivoli...


Avec la nouvelle Santos Miami Vice, on chope toute la jeunesse dans le vent de l'époque, et c'est un succès énorme, ni plus ni moins.

Tellement énorme que Hans arrive à soulever le couvercle du cercueil couronné pour jeter un oeil, qu'on m'a dit.


Santos ça regroupe aussi pas mal de babioles du style boutons de manchettes (v'la le prix attention) lunettes de soleil et autres boucles de ceinture etc... Ici nous sommes en présence de la première génération de Santos avec son bracelet si reconnaissable (et réussi faut bien l'avouer) ainsi que ce boîtier dérivé de la Dumont mais Bi-toné. (quoi, j'dis ce que je veux).

On y ajoute aussi des éléments de tool watch! les petites protubérances autour de la couronne pour la protéger d'éventuels chocs (à dire "crown guards" en soirée, ça fait son petit effet).


Dans la Santos, on a plusieurs générations ou évolutions du coup.

Ma favorite, c'est la première (un peu comme les Rocky ou autre série de films à rallonge tu sais) et elle a son petit sobriquet la bougresse!

La "Santos carrée", qu'on reconnaît notamment à son boitier légèrement plus anguleux, carré, et ses biseaux affutés sur les tranches.

Elle possède aussi sur son bracelet une boucle siglée du double C qui sera remplacée ensuite par une boucle déployante cachée. Pas vilain, mais moins cool!


Ensuite viendra donc la Santos Galbée, (celle que tout le monde croyait qu'elle s'appelait du coup haha! qui rira bien vers la fin!)

Avec des cornes moins anguleuses, mais plus...galbées...bravo!


C'est un distingo que peu d'entre vous connaissaient j'en suis sur...arf ne me remerciez pas...ça m'perdra


Aller, maintenant c'est le moment de l'article que je préfère, celui ou je parle de la mienne et de mon expérience au poignet... C'est quand même pour ça que vous êtes la normalement!


Il s'agit d'une version 75eme anniversaire (de qui, beh de la Santos Dumont tiens!)

Particularité de cette édition limitée, des cadrans dits "muets" sous 3 variantes, ici en gris ardoise (je trouve que le bi-ton est poussé au bout du bout de l'expression pour le coup) avec aiguilles et signature dorées, mais existait aussi une magnifique rouge cartier laqué (façon Tank Must) que j'ai possédé en version octogonale...(on se garde ça pour plus tard peut être nan?) ou encore un cadran en or brossé.

Limitées dans le temps, on les croise donc bien plus rarement, de la à ce que ce soit plus ou moins jolie que l'originale, je vous laisse seuls juges, perso j'aime autant les deux versions.


La dedans, on a un bel ETA automatique façon tracteur John Deere ou un quartz merdique (que faut pas l'dire mais m'en fout), et qui indiquent tous deux la date! (Datejust, Santos date, tu m'suis!)

À noter que pour reconnaître la version auto ou quartz, la date est placée à 3H sur les auto, 6H sur les quartz, plus tard, ça sera écrit dessus comme leeee........voilà.

Niveau taille, pour ces messieurs, la première mouture sera en 29mm puis viendra la 34mm et les immondes gros machins de maintenant...

Parce que le génie de Cartier, c'est quand même bien de faire porter ses montres comme des bijoux et ce même au plus macho des mâles velu (chemise ouverte, touffe à l'air vous vous souvenez), ainsi, la taille n'a plus d'importance ou quasi.


La version femme sera en 24mm, ce qui fait une bonne diff' quand même. (pour reconnaître la version femme et bien elle se voit dépourvue de date, tout bêtement...ces dames n'ont pas besoins de connaître quel jour nous sommes...voyons...misogynie primitive, je ne crois pas, gain de place dans un si petit boîtier, affirmatif.)


Aller je vous en remontre un peu plus, parce que vraiment ça vaut le détour...





C'est beau hein? et pourtant, de nos jours, c'était un peu passé à la trappe les Santos...trop voyant, ou pas assez casual façon tool watch acier...bref on faisait des affaires de folie y'a 1 an de ça...et encore, même 6 mois avant, une Santos a 1000€ ça se trouvait!

Alors pourquoi j'ai vendu cet exemplaire dans un état tout simplement dingue? et bien parce que je suis un renard, et que de cet exemplaire magnifique, j'avais fait le casse du siècle dessus (hey, on juge pas ok!).

Parce que oui, en 6 mois ça a bien changé...une Santos sous les 2500 voir 3000€ ça devient rare, même sans boîte papiers etc.


Alors la question c'est, pensez vous vraiment que ça les vaut? Pensez vous vraiment qu'une montre bijoux comme cette Santos restera au goût du jour et traversera les époques? Et qui c'est qui met le chocolat dans le papier d'alu?

Et beh bien sur que OUI!

Parce que les vintages comme cette Santos on en fait plus...

De la délicatesse de son bracelet en 18mm s'affinant en 14mm, en passant par ce poli/brossé dingue qui s'alterne entre le boîtier/bracelet et lunette/vis en or...

J'en ai presque la larme à l'oeil tellement ce mélange improbable est une réussite...


(regardez moi ça, lumière du soleil levant, une matinée d'hiver...c'est poétique!)






Et dire que même chez Cartier on l'a mise sous anabolisants sur les dernières versions cette pauvre Santos...

Elle qui à la base fut quand même la première montre bracelet pour équiper un pilote d'avion en 1904 quand même... fallait être sacrément couillu pour voler dans les coucous de l'époque! z'avait pas besoin d'avoir big ben au poignet pour se prouver leur virilité merde!

Je m'emporte...pardonnez moi.

Mais bon sincèrement, elle est pas moche non plus leur version moderne mais on va dire que ce qu'elle gagne en look boule à facette sous emphet', elle le perd côté élégance et chic décontracté... voilà.

Parce qu'avec Cartier, normalement et dans ma petite tête de geek qui n'apprécie que les pièces de l'ancien temps, tout est dans la nuance, dans la subtilité des proportions ou du dosage d'or sur cette pellicule d'acier...dans son diamètre modéré qui la rend visible comme invisible...


C'est bien pour ça que pour moi elle restera une pièce intemporelle et toujours de bon ton, même en bi-ton.









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